Léonie Bischoff

Artiste invitée – commissaire Mobidic
© Bénédicte Maindiaux

Autrice suisse installée à Bruxelles où elle a suivi les cours de l’Institut Saint-Luc en bande dessinée, Léonie Bischoff commence à publier dans des ouvrages collectifs avant de réaliser ses premiers albums solo, Princesse Suplex ( Ed. Manolosanctis) et Hoodoo Darlin’ ( Ed. Casterman ). Elle poursuit ensuite avec une trilogie d’adaptation de Camilla Läckberg ( La Princesse des Glaces, Le Prédicateur, et Le Tailleur de Pierre ), toujours chez Casterman, avec O. Bocquet au scénario, puis La Naissance de la Bible avec Thomas Römer dans la collection Petite Bédéthèque des Savoirs chez Le Lombard. Anaïs Nin, Sous la mer des mensonges, est paru en août  2020. Elle fait partie des membres fondateurs de l’Atelier Mille où elle travaille depuis 2011.

3 questions à Léonie Bischoff

Blank
Lorsqu’on parle de la Bande dessinée belge, qu’est-ce que cela évoque pour vous?

Tout dépend de la personne avec qui j’ai cette conversation ! La bande dessinée belge a vraiment plusieurs visage. Il y a le côté patrimoine, bien sûr, avec les grands noms et les grandes séries qui ont fait de la Belgique la patrie de la bd, et il y a toutes les multiples pistes explorées depuis… Je regrette parfois que le terme « bd belge » n’évoque que ces albums « classiques », parfois un peu daté à mon goût, et parfois regardé avec un peu de condescendance comme étant du divertissement pour petits garçons ! La Belgique est peut-être le première pays à avoir pris cet art au sérieux, paradoxalement, en y ouvrant des écoles par exemple, et ces écoles encouragent à la recherche, à l’exploration narrative et graphique plutôt que d’inculquer des normes. Vu de la Suisse où j’ai grandi la Belgique a vraiment cette image hors-norme, décalée, dans tous les domaines artistiques, et j’ai l’impression que cette liberté et cette inventivité participent à ce que la bd belge soit si prolifique et variée.

Pourriez-vous décrire en quelques mots les œuvres qui seront exposées dans « United Comics of Belgium » ?

Ce sont des pages extraites de mon album paru en 2020, Anaïs Nin Sur la mer des mensonges, qui sont réalisées en A 3, au crayon multicolore, ainsi que différentes étapes du travail, des recherches, des croquis, et même du matériel.

Mobidic, qui a été la commissaire pour ma partie, et moi partageons une fascination pour les secrets de fabrication, les petites tambouilles personnelles que chaque auteur.ice développe au fil de sa vie . Chacun.une « invente » petit à petit , de projet en projet, sa façon de travailler. Cela nous a donc paru enrichissant pour le public de voir ce côté « making off ». On peut donc suivre chaque étape de la naissance d’une bd, des premières notes écrites aux planches finies, voir des ratés, des gribouillages… C’est plaisir pour moi de montrer ces pages qui ont fait l’album mais qui restent normalement secrètes !

Quelle place accordez-vous au travail exposé dans votre parcours créatif ?

C’est sans doute l’album à la fois le plus personnel et le plus ambitieux. Il marque une étape importante pour moi. Il m’a permis de renouer avec l’écriture et la réalisation d’un projet de A à Z, ce que je n’avais plus fait depuis longtemps. Dans tous les albums que j’ai réalisés en solo, j’explore toujours des trajectoires de femmes qui cherchent à élargir leurs horizons, à échapper au monde auquel elles  appartiennent d’une façon ou d’une autre, même si ce n’est pas toujours mon intention première. Ce fil conducteur se retrouve que je parle de catch ou de sorcellerie, il est encore plus explicite ici. J’étais aussi très intimidée à l’idée de m’attaquer à l’écriture d’Anaïs, c’est pour cette raison que ce projet a pris tant d’années à mûrir dans ma tête avant d’exister sur le papier. Je crois que j’avais le sentiment de ne pas être à la hauteur de la « matière première », j’avais peur de gâcher. C’est la force de création d’Anaïs qui m’a finalement lancée, son besoin de vivre intensément, cette volonté de faire de sa vie quelque chose de passionnant, d’abord pour elle-même, en refusant la médiocrité d’une existence toute tracée. « La vie rétrécit ou s’étend en proportion de notre propre courage. » Cette citation me porte depuis des années.

Bibliographie

Phantasme
collectif, Manolosanctis, 2009

13m28
collectif, Manolosanctis, 2010.

Princesse Suplex
Manolosanctis,  coll. « Médée », scénario et dessin de Léonie Bischoff, 2010

Hoodoo Darlin
Casterman coll. KSTR,
scénario et dessin de Léonie Bischoff, 2014

La princesse de glaces
Casterman coll, Univers d’auteurs,
adaptation du roman homonyme  de Camilla Lâckberg, dessin de Léonie Bischoff scénario Olivier Boquet, 2015

Le prédicateur
Casterman coll, Univers d’auteurs,
adaptation du roman homonyme  de Camilla Lâckberg, dessin de Léonie Bischoff scénario Olivier Boquet, 2015

Naissance de la Bible, comment elle a été écrite
Le Lombard, coll, La petite Bédéthèque des savoirs, dessins et couleur de Léonie Bischoff, textes de Thomas Römer, 2018

Le Tailleur de pierres
Casterman coll, Univers d’auteurs, adaptation du roman homonyme  de Camilla Lâckberg, dessin de Léonie Bischoff scénario Olivier Boquet, 2018

Anaïs Nin, sur la mer des mensonges
Casterman, scénario et dessin de Léonie Bischoff, 2020

Phantasme
collectif, Manolosanctis, 2009

13m28
collectif, Manolosanctis, 2010.

Princesse Suplex
Manolosanctis,  coll. « Médée », scénario et dessin de Léonie Bischoff, 2010

Hoodoo Darlin
Casterman coll. KSTR,
scénario et dessin de Léonie Bischoff, 2014

La princesse de glaces
Casterman coll, Univers d’auteurs,
adaptation du roman homonyme  de Camilla Lâckberg, dessin de Léonie Bischoff scénario Olivier Boquet, 2015

Le prédicateur
Casterman coll, Univers d’auteurs,
adaptation du roman homonyme  de Camilla Lâckberg, dessin de Léonie Bischoff scénario Olivier Boquet, 2015

Naissance de la Bible, comment elle a été écrite
Le Lombard, coll, La petite Bédéthèque des savoirs, dessins et couleur de Léonie Bischoff, textes de Thomas Römer, 2018

Le Tailleur de pierres
Casterman coll, Univers d’auteurs, adaptation du roman homonyme  de Camilla Lâckberg, dessin de Léonie Bischoff scénario Olivier Boquet, 2018

Anaïs Nin, sur la mer des mensonges
Casterman, scénario et dessin de Léonie Bischoff, 2020

Prix

2021
Sélection Prix Fnac Inter 2021 pour Anaïs Nin, sur la mer des mensonges

2020
Nomination au Prix Töpffer, le Prix de la ville de Genève pour la bande dessinée
Album en compétition au 48ème festival international de la Bande dessinée d’Angoulême pour Anaïs Nin, sur la mer des mensonges
Sélection du Grand Prix de la critique ACBD pour Anaïs Nin, sur la mer des mensonges

2014
Lauréate du prix Scam Belgique (Société civile des auteurs multimédia, Belgique), catégorie  Texte et image pour La princesse des glaces

2013
Nomination au Prix Töpffer, le Prix de la ville de Genève pour la bande dessinée pour Hoodoo Darlin