OLIVIER GRENSON

commissaire
© Le Lombard / Marie-Hélène Tercafs

Né à Charleroi en 1962, Olivier Grenson a su dès l’âge de dix ans qu’il ferait de la bande dessinée.

Il suivra les cours de Vittorio Leonardo avant de s’initier aux secrets du métier chez Eddy Paape. Après quatre années passées à l’ERG (École de Recherche Graphique) à Bruxelles, où il étudie le graphisme et l’animation, Olivier s’attaque à ses propres séries tout en poursuivant l’enseignement du dessin dans cette même école.

De 1984 à 1985, Olivier Grenson publie la série « Aldose et Glucose » dans Le Journal Tintin. Puis, de 1985 à 1987, il réalise ses premières histoires « réalistes ».Parallèlement, il entame une série de collaborations avec Patrick Chaboud, dont une dizaine d’affiches pour le Magic Land Théâtre.

En 1989, La revue Circus sollicite Olivier Grenson pour une nouvelle série, « Jack et Lola », malheureusement interrompue. Il débute également à la télévision, animant jusqu’à la fin 1985 la rubrique BD de l’émission Clip-clap pour RTL.

C’est en 1989 également que l’éditeur Claude Lefrancq lui propose un projet d’album scénarisé par Michel Oleffe : Le Golem, première aventure de Carland Cross parait en 1991. Suivront, de 1992 à 1998, 7 albums tels que Le Dossier Carnavon, La Goule de Shadwell ou encore Les pendus de Manhattan. La série sera adaptée en 26 épisodes de 26 minutes par ODEC-KID Cartoons et sera diffusée en 1997 sur Canal+ et TF1, en 1998 sur la RTBF et  la BRT, avant de s’exporter en Suisse et au Canada.

En 1999, Olivier Grenson crée avec Jean Dufaux  « Niklos Koda » : 15 tomes se succèdent, développant un univers au dessin séduisant, dont l’histoire se partage entre action, magie et mystère. Publiée au Lombard, elle reste une série phare de la collection  Troisième Vague.

En 2008, Olivier Grenson rejoint la prestigieuse collection Aire libre avec « La femme accident », sur un scénario de Denis Lapière. Suivant les pas d’une jeune femme abîmée par le destin, ce diptyque touchant, porté par un remarquable dessin en couleur directe, vaut de nombreuses louanges à ses auteurs. « La femme accident » ressort en 2017 chez Dupuis sous la forme d’une intégrale.

En 2011-2012, Grenson s’affirme en tant qu’auteur complet dans « La douceur de l’enfer » (Lombard), superbe diptyque explorant la Guerre de Corée.

En 2018, après avoir mis un point final à « Niklos Koda » (avec le tome 15, intitulé Le dernier masque), Olivier Grenson intègre le casting de la série « XIII mystery ». Sur un scénario de Jean Van Hamme, mythique créateur de « XIII », il y explore le passé de Judith Warner (Dargaud).

En 2019, Il réalise une histoire inédite pour le nouveau mook Tintin, c’est l’aventure n°2, édité par Moulinsart et le magazine Géo.

Il réalise en 2020 un roman graphique avec la scénariste Sylvie Roge ( son épouse), intitulé La Fée Assassine, sortie prévue le 12/02/2021 aux Éditions du Lombard.

En plus de ses activités dans la bande dessinée, Olivier Grenson enseigne toujours à L’ERG.

3 questions à Olivier Grenson

Blank
Lorsqu’on parle de la Bande dessinée belge, qu’est-ce que cela évoque pour vous?

La Bande Dessinée a été pour moi dès l’enfance, un moyen d’expression idéal. La possibilité de m’évader sans dépendre de personne. Le moyen à la fois de ne jamais m’ennuyer et celui de me faire remarquer. C’est devenu ma passion et ce l’est de plus en plus. C’est un médium qui ne cesse de me surprendre, par sa richesse créative et ses possibilités narratives. Je ne fais pas de distinction particulière avec la BD belge. S’il y a une approche plus spécifique de la BD en Belgique, c’est surtout le fait de l’âge d’or des années passées. Un terroir fascinant qui m’a permis de mettre le pied à l’étrier. Aujourd’hui, je vois des auteurs passionnés qui défendent un médium, mais pas nécessairement une appartenance à un territoire. Ceci dit, je suis sûr que nous sommes inconsciemment influencés par notre encrage culturel et régional. Certains parleront de surréalisme ou d’audace créatrice. En Belgique, petit territoire, on voit des auteurs qui ne cessent de se réinventer depuis le 9e rêve jusqu’aujourd’hui avec une BD flamande florissante, où la BD indépendante prend une place de plus en plus importante.

Comment avez-vous choisi les œuvres exposées dans « United Comics of Belgium » ?

Les œuvres exposées sont issues des deux principales réalisations de l’année 2020 et, qui plus est, elles resteront sur l’ensemble de mon parcours deux réalisations essentielles, représentatives de mon envie de me remettre en question à chaque projet. Le Nageur solitaire est avant tout une démarche à part. Au départ, c’est une sorte de challenge : réaliser chaque jour en une heure dans mon agenda un dessin d’un personnage habillé d’un maillot et d’un bonnet rouge. Ce sont donc 260 dessins qui défilent sur un écran, comme les pages d’un agenda qui se tournent.

La deuxième partie retrace le travail réalisé sur la Fée Assassine, un roman graphique de 180 pages. C’est le résultat d’une collaboration unique et essentielle pour moi puisque c’est la première réalisation avec Sylvie Roge, ma femme depuis 30 ans. Une réalisation à 4 mains, elle au scénario et moi au dessin.

Quelle place accordez-vous au travail exposé dans votre parcours créatif ?

2020 aura été une année tellement particulière. Les deux projets se sont développés de façon parallèle, sans préméditation. On peut dire que les deux projets se sont imposés par la force des choses. Pour le Nageur, c’est le contexte et le confinement qui lui ont donné tout son sens. Une sorte de cadavre exquis en solo. La recherche d’une narration sans plan, ni scénario. Le résultat  est d’autant plus surprenant que rien n’était prévu au départ.

Pour la Fée Assassine, l’idée de la collaboration est venue malgré nous au moment où Sylvie termine le découpage. Jamais, auparavant nous ne nous sommes dit que nous travaillerions ensemble.  Et finalement, cette collaboration est devenue une évidence, le résultat d’un parcours partagé, une vraie symbiose ou comment deux personnalités peuvent se joindre pour ne faire qu’un par la réalisation d’une histoire. L’histoire , c’est celle de deux sœurs jumelles et des rapports mère-fille, un drame familial qui s’étale sur une tranche de vie, mais surtout une histoire sur le couple, le double, les effets de miroirs.               

Bibliographie

Carland Cross
7 tomes, Scénario Michel Oleffe, éditions Claude Lefrancq, 1990-1998

Jack & Lola
éditions Point Image, 1998

Niklos Koda
15 tomes, scénario Jean Dufaux, éditions du Lombard 1999-2014

 

La Femme Accident 
2 tomes, s
cénario Denis Lapière, éditions Dupuis, 2008-2010

La Douceur de l’enfer
2 tomes, éditions du Lombard, 2011-2012

XIII Mystery T13 – Judith 
scénario Jean Van Hamme, éditions Dargaud, 2018

Carland Cross
7 tomes, Scénario Michel Oleffe, éditions Claude Lefrancq, 1990-1998

Jack & Lola
éditions Point Image, 1998

Niklos Koda
15 tomes, scénario Jean Dufaux, éditions du Lombard 1999-2014

La Femme Accident
2 tomes, s
cénario Denis Lapière, éditions Dupuis, 2008-2010

La Douceur de l’enfer
2 tomes, éditions du Lombard, 2011-2012

XIII Mystery T13 – Judith
scénario Jean Van Hamme, éditions Dargaud, 2018

Prix

1991
Prix Avenir
  pour Le Golem

1996
Prix du meilleur dessin par le
 Centre belge de la bande dessinée pour La Goule de Shadwell

2010
Prix de l’Ange Gardien (Festival du Rœulx) pour le diptyque la Femme Accident réalisé avec Denis Lapière 
César du meilleur album (Auderghem) pour le diptyque la Femme Accident réalisé avec Denis Lapière 
Serpe d’Or (Fache Thusmenil-Lille) pour le diptyque la Femme Accident réalisé avec Denis Lapière 

2012
DBD Award du meilleur premier tome pour La Douceur de l’enfer
Prix Diagonale 2012 du meilleur album pour La Douceur de l’Enfer