PTILUC

Artiste invité – commissaire Mobidic

Ptiluc a produit une cinquantaine d’albums, pour Vents d’Ouest, Les Humanoïdes Associés, Glénat, Albin Michel, Fluide Glacial, Éditions Paquet et depuis 2019 chez Dupuis. Ses albums sont presque toujours de sombres fables animalières philosophico-humoristiques. Ses récits de voyages à moto, en partie publiés chez Albin Michel  sont disponibles sur le blog   http://lesblogs.motomag.com/tongue-rider7/

Il est né fin 1956 à Mons. Après  son enfance campagnarde à Quévy le Grand, ses humanités à l’Athénée de Mons et deux années de médecines vétérinaires assez chaotiques, un accident de vélo providentiel va lui permettre d’arrêter ses études sans conflit familial majeur, de se mettre à la bande dessinée et d’acheter sa première moto . Cet accident fondateur lui aura permis d’assouvir ses deux rêves d’adolescent : faire de la bande dessinée et voyager à moto. Après quelques années de galères et de refus d’éditeurs, il part vivre dans le sud de la France  et démarre sa carrière aux éditions Vents D’Ouest, fondées par le directeur des éditions Didier Hatier, pour lequel il avait été, pendant trois ans, illustrateur de livres scolaires. Après le rachat de Vents d’Ouest par Glénat il collaborera avec divers éditeurs avant de revenir, une trentaine d’années plus tard, publier sur sa terre natale. Juste retour des choses puisque c’est dans les présentoirs Dupuis  du magasin où sa mère achetait ses Belga, qu’il a découvert la bande dessinée…

 

3 questions à Ptiluc

Blank
Lorsqu’on parle de la Bande dessinée belge, qu’est-ce que cela évoque pour vous?

La bande dessinée belge  a imprégné toute mon enfance. Le présentoir Dupuis du magasin de journaux du village d’à côté était comme une sorte de Graal. Quand j’allais acheter les clopes de ma mère, avec la monnaie, si j’avais été sage, je pouvais m’acheter une album broché. Pour les cartonnés, il fallait attendre les fêtes. J’ai appris à lire avec Johan et Pirlouit, mais aussi avec Sylvain et Sylvette; la proximité de la frontière et de la librairie de Maubeuge, m’ouvraient d’autres horizons… d’un côté, Spirou et Tintin… de l’autre, Vaillant et Pilote.
La bande dessinée belge a été fondatrice pour toute ma génération d’auteurs et l’arrivée d’ « à suivre » quelques années plus tard, nous prouva qu’il pouvait même y souffler de nouvelles audaces qu’on finissait par ne croire réservées qu’à ce qui se passait au Sud de la douane. Certains me diront que je ne parle que de temps lointains, d’un autre siècle… mais justement, si la bande dessinée belge garde une place essentielle comme première pierre de la bande dessinée francophone, je crois qu’il ne faut plus en parler en tant que genre sinon à risquer de la cloisonner dans ce style «  gros nez » qui finit par être un archétype caricatural. Parlons  plutôt de Bande Dessinée en général, le Manga n’est pas la « bande dessinée japonaise », c’est un genre à part entière, né au japon, qui peut être pratiqué partout, même en Belgique… le Manga  a ses codes comme la BD dite belge, les siens . On devrait lui trouver un nom générique, parler de l’école Peyofranquinienne comme on parle déjà de ligne claire à propos de l’école Hergé, sans nécessairement ramener ces tendances si influentes à un territoire… même si, en Belgique, ça reste une immense fierté nationale.

Comment avez-vous choisi les œuvres exposées dans « United Comics of Belgium » ?

Peut-on parler d’œuvre quand on expose ses dessins d’enfants. J’y expose aussi les coulisses de mon prochain album… C’est très émouvant pour moi de montrer les débuts d’avant les débuts, ces premières petites bandes gribouillées pendant toute mon enfance  à côté de ma mère qui repassait, du poêle à charbon et de mes frères qui jouaient aux cowboys…puis mon adolescence, dans le train, sous mon banc, à l’étude, au bistrot un peu plus tard… je gribouillais partout ces petits cahiers, sans même imaginer que plus tard ce serait ça mon vrai métier…

Quelle place accordez-vous au travail exposé dans votre parcours créatif ?

Quelle place accorder à ses dessins d’enfant ? Sinon la plus haute dans le temple des souvenirs.  Quelle place accorder à son dernier album, sinon encore la plus haute, parce que quand on se plonge dans une nouvelle aventure, toutes celles qu’on a vécu avant n’existent plus. Un nouvel album, c’est comme un nouveau voyage, on s’y embarque tout excité sans vraiment savoir  comment ça va se passer et puis, on se laisse embarquer. C’est aussi mon premier album en solo chez Dupuis… j’y change de technique et de format ; c’est un beau voyage qui commence !

Bibliographie

Rat’s
10 tomes, Les humanoïdes Associés de 1995 à 2009

Ni Dieu ni bête
4 tomes, Les humanoïdes Associés, de 1992 à 2003

Frigo
Avec Joan, 2 tomes, Les humanoïdes Associés, 2000 et 2001

Pacush Blues
13 tomes, Vents d’Ouest, de 1983 à 2010

Amours volatiles
Vents d’Ouest, 1987

Faces de rat
 2 tomes, Vents d’Ouest, 1987 et 1997

La Geste de Gilles de Chin et du Dragon de Mons
2 tomes, Vents d’Ouest,1989 et 1990

Rictus
 3 tomes, Vents d’Ouest, 1999, 2000 et 2001

La pire espèce
Avec TieKo, Richard Malka et Agathe André, Vents d’Ouest, 2010

Les pieds nickelés 
Avec Luz, Richard Malka, Jacqueline Guénard, Vents d’Ouest 2011

La Murge
Glénat, 2001

 

Pas d’bon sens
Glénat, 2000

La Foire aux cochons 
3 tomes, L’Écho des savanes, 2000, 2003 et 2008

Fahrenheit 452
Stakhano, 1994

Mémoires d’un motard 
5 tomes, Albin Michel de 2001 à 2005

Accros
4 tomes, Albin Michel de 2003 à 2005

Pirat’s
2 tomes, Fluide Glacial, 2013 et 2014

Jeux sans frontières
Éditions Paquet,  2014

Considérations sur l’amour moderne
Éditions Paquet, 2016

Hitler, la véritable histoire vraie
Scénario de Bernard Swysen, Dupuis, 2019

Staline, la véritable histoire vraie
Scénario de Bernard Swysen, Dupuis, 2020

Rat’s
10 tomes, Les humanoïdes Associés de 1995 à 2009

Ni Dieu ni bête
4 tomes, Les humanoïdes Associés, de 1992 à 2003

Frigo
Avec Joan, 2 tomes, Les humanoïdes Associés, 2000 et 2001

Pacush Blues
13 tomes, Vents d’Ouest, de 1983 à 2010

Amours volatiles
Vents d’Ouest, 1987

Faces de rat
 2 tomes, Vents d’Ouest, 1987 et 1997

La Geste de Gilles de Chin et du Dragon de Mons
2 tomes, Vents d’Ouest,1989 et 1990

Rictus
 3 tomes, Vents d’Ouest, 1999, 2000 et 2001

La pire espèce
Avec TieKo, Richard Malka et Agathe André, Vents d’Ouest, 2010

Les pieds nickelés 
Avec Luz, Richard Malka, Jacqueline Guénard, Vents d’Ouest 2011

La Murge
Glénat, 2001

Pas d’bon sens
Glénat, 2000

La Foire aux cochons 
3 tomes, L’Écho des savanes, 2000, 2003 et 2008

Fahrenheit 452
Stakhano, 1994

Mémoires d’un motard 
5 tomes, Albin Michel de 2001 à 2005

Accros
4 tomes, Albin Michel de 2003 à 2005

Pirat’s
2 tomes, Fluide Glacial, 2013 et 2014

Jeux sans frontières
Éditions Paquet,  2014

Considérations sur l’amour moderne
Éditions Paquet, 2016

Hitler, la véritable histoire vraie
Scénario de Bernard Swysen, Dupuis, 2019

Staline, la véritable histoire vraie
Scénario de Bernard Swysen, Dupuis, 2020

Prix

Pas mal de prix de sous-préfectures durant les premières années de ma carrière: Clermont Ferrand, Orange, Athis-Mons, Solliès, Blois, Antibes, Belfort, Illzach, Ajaccio, Nîmes, Vaison la Romaine ou Creil m’ont remis des prix dont je ne sais plus trop la teneur ou la valeur…prix du public, du scénario, du graphisme, de l’humour ; je ne sais plus trop… à Ajaccio, tout le monde avait un prix, comme à l’école des fans ! J’ai réussi à reconstituer cette liste en regardant les statuettes qui trainent presque toutes sur la même étagère… Il faut rajouter quand même pour, faire plus chic, le grand prix Bonnet d’âne à Saint Malo il y a bien 25 ans, le prix « Pierrot d’Or » du meilleurs projet de dessin animé à Angoulème, il y a encore plus longtemps et plus récemment, le prix Saint Michel Humour l’année dernière et le prix pour l’ensemble de l’œuvre, à Chambéry, en version masquée, il y a quelques semaines…